#3/ Souffrance à l’hôpital. La fonction publique hospitalière va mal!

La fonction publique hospitalière, une fois de plus, est montrée du doigt.
Ce soir, 20h30, dans son émission « Le Monde en face  » Marina Carrere d’Encausse pointe ses projecteurs sur l’hôpital de Gonesse dans « l’Hôpital à fleur de peau ».

Un personnel au bord de la rupture

L’hôpital flambant neuf de Gonesse dans le Val-d’Oise compte 2 500 salariés. Il est comme la plupart des institutions de santé publique en France au bord du gouffre financier. Son personnel arrive au point de rupture. 

De l’aide soignante au chirurgien, ils dénoncent un système dont ils veulent révéler les dérives au grand jour. Ces femmes et ces hommes qui ont souvent choisi leur métier par vocation livrent leurs inquiétudes face à la pression économique, quand, dans le même temps, la direction coupe dans leurs effectifs. Soigner, mais avec toujours moins de moyens.

A Gonesse, comme dans les autres hôpitaux publics de France, les burn out, l’absentéisme plombent encore plus la situation. A terme, c’est une crise des vocations qui se profile, avec des médecins qui fuient vers le privé.

Ce film pose la question de l’avenir d’un système de santé de service public mis sous la tutelle des lois du marché, une évolution qui ébranle l’idéal humain de ceux qui ont fait le serment d’Hippocrate, et qui dans certains cas questionne la sécurité du soin. 

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Des récits qui expriment le mal-être

Depuis plus d’un an, j’interviens avec mon partenaire l’IFSO au sein de l’hôpital de Gonesse pour accompagner les agents cadres et non cadres à faire face aux changements organisationnels mis en place ces dernières années au sein de l’Hôpital. Où plutôt, mon rôle est  d’amener les agents à développer leurs capacités d’adaptation voir même, le mot est dur, leurs capacités de « résistance », si, si j’ai bien dit résistance. Car lorsque vous n’avez pas la main sur tous les changements organisationnels cohérents et sur toutes les attitudes managériales qui auraient du sens à être mis en oeuvre pour préserver la santé des équipes en place, c’est bien de la notion de résistance et d’endurance dont on parle. Alors mon travail consiste tout d’abord, à libérer la parole. Parler du travail, enfin! Parler de ce qui touche, de ce qui fait mal, de ce qui encombre les agents pour qu’ils puissent se consacrer sereinement aux missions qui leurs tiennent souvent très à cœur. 

« Moi, j’ai signé pour soigner, pas pour faire ce que je fais là » 

« Moi, quand j’ai décidé de devenir infirmière, c’était pour prendre soin des patients, mais aujourd’hui j’ai l’impression de travailler à la chaîne »

« Moi, certain soir quand je rendre chez moi, j’ai l’impression d’avoir été un bourreau »

« De toute façon, il n’y a plus d’humanité à l’hôpital »

« Moi, quand je dis à ma responsable que j’en peux plus, la seule chose qu’elle me répond c’est: si tu n’es pas contente tu n’as qu’à changer de service, ce n’est pas mon problème »

Une charge émotionnelle importante

Des mots qui heurtent, qui touchent. Un personnel qui est de plus en plus affecté, attaqué dans sa chaire. Des hommes, des femmes qui se sentent abandonné(e)s au quotidien portant, pourtant encore avec fierté, l’esprit de l’hôpital publique: « Soigner, accompagner, soutenir ».

Je m’aperçois de plus en plus, au fil de mes missions à Gonesse mais plus largement dans toutes les établissements de santé où j’interviens, que dans un secteur aussi exigeant que celui de la santé, le personnel soignant n’a pas, où alors que très peu, de temps d’analyse de pratique, de temps de discussion du travail, de soutien psychologique pour abaisser leur charge mentale et encore plus leur charge émotionnelle. Leurs temps d’échange sont souvent, exclusivement, centrés sur le patient lors de leurs transmissions. Ils se retrouvent alors seuls, face à leurs inconforts, face à leurs conflits intérieurs, face à leur mal-être. J’entends déjà la réponse d’un cadre à cette idée « si en plus, maintenant il faut se mettre à écouter nos équipes… », « trop compliqué à mettre en oeuvre au vu des contraintes et du casse tête de la gestion des plannings ».

C’est sûr, mais cela devient une urgence au vu de l’état de souffrance des équipes.

Le poids de la culpabilité qui écrase

« Devant nous, nous avons des patients, des familles, …., vous vous rendez compte , je me dois de tout faire pour eux ».

Le personnel se retrouve serré dans « l’étau des contraintes ».
D’un côté, les exigences grandissantes de leurs patients et des familles qu’il faut d’ailleurs maintenant apprendre à traiter comme des clients. « Heu pardon, je pensais que l’on parlait de service public ». « Ah oui mais ça c’était justement avant. Maintenant notre patient est un client ».
« Ah d’accord »?!
Et d’un autre côté, les contraintes de l’organisation du travail et toutes ses défaillances.
Dans son étau, l’agent, rumine, s’en veut, se culpabilise de ne pas être à la hauteur. En plus d’être compressé, le voilà également écrasé sous le poids de sa culpabilité.

Ca fait beaucoup à devoir gérer pour des hommes et des femmes qui veulent souvent simplement être au service de leur mission: Soigner correctement.

Il faut alors apprendre à faire différemment

Mais alors comment faire?

Comme je le disais, d’abord et avant tout c’est toute l’institution qu’il faut revoir. Remettre à plat l’ensemble des modalités de travail. Revoir en intégralité les pratiques managériales. Faire tomber quelques privilèges ou pouvoirs accordés à certains chirurgiens ou médecins. Et puis comme nous le faisons, avec l’IFSO, accompagner les équipes à traverser les zones de turbulences car il y en aura toujours. Apprendre à composer avec soi-même, à mieux gérer ses rythmes de travail, savoir se préserver mentalement et physiquement. Développer l’Ecologie de soi. Renforcer son intelligence émotionnelle et relationnelle pour fluidifier ses relations de travail (collègues/patients/familles).

C’est en développant les potentiels des agents qu’ils pourront durablement mettre en place les actions bénéfiques pour leur santé au contact d’une institution qui peine à se réformer en profondeur.  

C’est en les aidant à développer leur Qualité de Présence qu’ils pourront durablement être au service de leur bien être.

Vous avez une problématique, elle est forcement liée à votre Qualité de Présence !